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> La cardiomyopathie dilatée, un sujet tabou ?

La Myocardiopathie Dilatée (MCD) est une affection qui atteint prioritairement les chiens de grande taille : augmentation du volume et perte d'efficacité du cœur. Des moyens de dépistage par échographie existent même s'ils ne sont pas sûrs à 100%.

Définir la cardiomyopathie

La Cardiomyopathie (terme anglo-saxon) ou myocardiopathie (en français) est un terme très général qui désigne qu'il y a une affection du myocarde. Cette notion regroupe donc de très nombreuses maladies fort différentes les unes des autres. On distingue des formes dilatées (cas de loin le plus fréquent chez le Dobermann), des formes hypertrophiques, restrictives, ....
La plus fréquente chez le chien est la myocardiopathie dilatée (MCD ou CMD) (Sisson et al,Textbook of canine and feline cardiology, 1999). Celle-ci se caractérise par une dilatation ventriculaire généralisée en relation avec une importante diminution des capacités contractiles du myocarde, d'où un grave défaut d'éjection systolique (Dictionnaire Pratique de Thérapeutique canine et féline, R.Moraillon, Y.Legeay, P.Fourrier et C.Lapeire chez Masson). Enfin, pour chaque forme de cardiomyopathie, il peut exister des causes extrêmement variées et nombreuses : hormonales, hypertension, maladies infectieuses, intoxications, neuro-musculaires, ... Dans un grand nombre de cas, la cause est inconnue. On parle de forme « primitive ». Parmi ces formes primitives et dans certaines espèces (homme, chat, ...) des anomalies génétiques ont été identifiées mais il existe de nombreuses mutations différentes avec des degrés variables d'expression clinique.
Le terme est donc souvent très mal utilisé et beaucoup trop général pour que l'on puisse comparer des situations entre différentes espèces, races, ... La connaissance du génome des différentes espèces permet de faire des progrès et renforce cette remarque. Une même forme clinique peut être due, dans une race donnée à des mutations différentes. C'est surtout à partir des années 1980 avec l'introduction de l'échographie cardiaque en médecine vétérinaire comme outil de diagnostic précis et non invasif, que la maladie a été plus précisément décrite. Dans un essai thérapeutique américain réalisé en 1992 chez des chiens atteints de MCD (Ettinger et al, Proceedings ACVIM 1992), le Dobermann était la race la plus atteinte (57% des chiens parmi les 74 inclus) et dans une étude suédoise le Dobermann était la troisième race touchée après le Terre Neuve et le Cocker (Tidholm et al, J Am Anim Hosp Assoc, 1997). Plus récemment, une étude anglaise menée sur un grand nombre de chiens atteints de MCD (369 chiens) a aussi montré une représentation supérieure des Dobermann parmi les races atteintes (16% des cas) (Martin et al, J Small Anim Pract, 2009).
Le fait que le Dobermann soit sur-représenté laisse penser qu'une ou des causes génétiques spécifiques sont responsables mais la génétique peut ne pas tout expliquer. Ainsi, les races le plus souvent retrouvées dans les différentes études sont les Lévriers Ecossais, les Dobermann, les Irish Wolfhounds, les Dogues Allemands, les Boxers, les Saint Bernard, les Lévriers Afghans, les Terre Neuve, les Bobtails, les Cockers Anglais et Américains, les Springers Spaniels, les Labradors et Golden Retrievers, les Bergers Allemands, les Dogues de Bordeaux, les Leonbergs. D'une manière générale, toute race de chien de format large ou géant peut développer une MCD.

 

Détecter cette affection

 

Les propriétaires présentent souvent leur chien au vétérinaire en évoquant des difficultés respiratoires, une toux au repos ou une perte de poids significative. Ainsi, le praticien dirigera l'animal concerné vers un spécialiste. D'autres découvriront leur chien mort au petit matin sans aucune explication.
D'un point de vue scientifique, les examens divers et variés (radiographie, échographie, électrocardiogramme, ...) sont intéressants et indispensables pour étudier et traiter les formes cliniques. Ils permettent d'accompagner notamment la fin de vie pour la cardiomyopathie dilatée du Dobermann (MCD). Ainsi, ces soins médicamenteux rallongent un peu l'espérance de vie de votre compagnon et lui évitent surtout des souffrances inutiles.
L'utilisation de ces examens à des fins de dépistage doit être beaucoup plus prudente, surtout si un plan d'éradication est envisagé. Le risque de sélectionner d'autres anomalies sans s'en apercevoir est grand. De plus, un dépistage ne met pas à l'abri le développement de la maladie ultérieurement. C'est pourquoi, celui-ci doit être fait régulièrement.
La rigueur voudrait donc que des travaux permettent de connaître les mécanismes responsables de la (ou des) maladie(s) et de leur mode de transmission. Dans un premier temps, il serait donc essentiel qu'un dépistage des formes graves soit effectué, associé à la recherche de mutations et à la filiation des animaux atteints. Ceci suppose une collaboration avec les éleveurs. Celle-ci est indispensable pour préserver les races concernées. Aussi, un financement des travaux de recherche doit être envisagé.
Enfin, en attendant des résultats exploitables, le bon sens voudrait que les animaux les plus gravement atteints ne soient pas mis à la reproduction.

 

Des solutions ?

 

Différents témoignages offrent des pistes de réflexion à explorer.
Il faudrait une véritable « révolution de la vision d'élevage ». Le terme « élevage » renvoie à celui de « sélection » c'est à dire à l'élimination (stérilisation) de certains sujets.
De plus, il faudrait réfléchir sur le type de « sélection » avec l'ensemble des acteurs canins (juges, club de race, propriétaires, professionnels). Faut-il axer uniquement son choix des reproducteurs sur des critères de « beauté » en priorité en occultant les facteurs de santé ?

Le monde canin a déjà fait ses preuves dans le cas d'affections différentes. La dysplasie comme la cardiomyopathie est aussi une maladie difficile à cerner. On peut constater aujourd'hui une diminution de cette affection par la mise en place des clubs de race de la radiographie obligatoire pour obtenir des titres de « champion de France » pour certaines races. Cette mesure n'a pas éradiqué mais a endigué ce problème de santé. C'est une victoire !

Par ailleurs, la médecine humaine commence à procéder à une comparaison des pathologies avec celles des chiens (ex : notamment le Briard pour ses problèmes oculaires). Alors qu'il était impensable de comparer l'homme au chien, il paraît évident que ces mammifères peuvent s'entraider. Par conséquent, les autorités investissent peu à peu dans la recherche animale en espérant utiliser les résultats pour soigner l'homme.
Peut-être que des études sur la cardiomyopathie canine permettraient de mieux comprendre les différents types de maladie cardiaque de l'homme ?
Cette piste est donc un espoir.

Une autre aussi peut être explorée. Chez le chat et notamment la race des Maine-Coon (CMH cardiomyopathie hypertrophique), un test génétique associé à une échographie a été mis au point et permet une sélection. Ce moyen de dépistage n'est pas à 100% fiable cependant il faut se battre avec les moyens mis à disposition. La recherche progresse et nos outils de détection s'affineront à leur tour mais en attendant il faut prendre des mesures de précaution de bon sens.
Les solutions pour les éleveurs des races concernées seraient de faire suivre, au moins leurs reproducteurs, par échocardiographie pendant toute leur vie et pas seulement une seule fois au début de la période de reproduction, puisqu'il s'agit malheureusement d'une maladie acquise qui risque d'apparaître à tout moment. Les chiens atteints devraient être exclus de la reproduction et les propriétaires des descendants de ces derniers devraient être informés systématiquement pour qu'ils fassent suivre leurs animaux également régulièrement.
Des mesures simples sont proposées par certains : test de dépistage pour la confirmation, limitation des saillies, dépistage obligatoire avant chaque saillie et/ou au moins une fois par an (il est déconseillé de réaliser une échocardiographie sur une chienne gestante, les paramètres pouvant être modifiés), prudence à la reproduction des descendants issus de cardiomyopathes (ce qui implique un enregistrement rigoureux des causes de décès et une base généalogique accessible à tous).

Appliquer ces mesures de rigueur n'est pas une démarche aisée. Les Présidents de club n'ont pas toujours les moyens d'appliquer cette politique. Le Ministère doit les aider et ne pas inverser les rôles avec des arguments économiques de la filière élevage. En effet, le coût du dépistage revient souvent comme une réponse à la passivité de certains éleveurs face à cette affection. Aussi, il est intéressant d'observer la politique des autres pays. Un grand nombre d'éleveurs allemands et hollandais de Dobermann par exemple ont bien pris conscience du risque et intégré le test « Kardio-frei » (dépistage de la MCD) dans le coût d'élevage. Cette impulsion leur paraît indispensable pour épargner au maximum leur race favorite. Mais le facteur économique n'est pas le seul motif de certains éleveurs qui refusent toujours cette démarche.

Pour les clubs de races qui n'ont à ce jour pris aucune décision face à ces affections, le minimum serait d'appliquer un principe de précaution afin d'éviter la concentration de la maladie (dont le facteur génétique a été mis en évidence). Cette concentration de la maladie (certains diront du risque) intervient lorsque l'on croise deux branches généalogiques que l'on sait avoir eu en leur sein des individus atteints. D'une manière générale la consanguinité fait ressortir les tares. C'est à dire que, si dans une famille il y a des animaux atteints, et qu'au sein de cette même famille il y a des croisements, la prévalence des gènes mutés augmente. Il est probable qu'en introduisant dans une race ou une famille de « nouveaux gènes », on diminue la probabilité d'apparition de la maladie.


Un protocole de dépistage concret en France : Le Rassemblement des Amateurs de Lévriers d'Irlande et d'Ecosse

 

Le docteur vétérinaire Frédéric Maison, Président du RALIE (Rassemblement des Amateurs de Lévriers d'Irlande et d'Ecosse) et membre de la Commission Scientifique de la Société Centrale Canine explique avec passion son dévouement pour ses races et son action pour les préserver. Il s'exprime notamment sur l'engagement de ses adhérents éleveurs, convaincus de la démarche du dépistage :
« Les problèmes rencontrés sont globalement les mêmes pour toutes les races et tous les dépistages. Un certain pourcentage des éleveurs refuse systématiquement de regarder la vérité en face et de prendre suffisamment de recul pour appréhender la race dans sa globalité. Pour ces derniers, consciemment ou non, la race se résume à leur lignée. Les frais occasionnés par le dépistage et l'éventualité de réformer une partie de leurs reproducteurs en effraient plus d'un. Pourtant, dans ce domaine, la politique de l'autruche est bien la pire des choses. Laisser un cheptel complet se contaminer par une tare est un acte dangereux qui se paie tôt ou tard. Les vrais amateurs d'une race ne se posent pas tant de questions et savent qu'il faut rapidement mettre en place une politique d'élevage intelligente prenant en compte l'état des connaissances scientifiques du moment afin d'en limiter l'extension. Refuser cela c'est scier la branche sur laquelle on est assis. Même si vouloir produire des chiots indemnes de toute pathologie est une utopie, le but de tout éleveur sérieux doit être de garantir à ses clients qu'il a pris toutes les précautions nécessaires pour diminuer au maximum l'apparition de tares dans sa portée. Voilà ce que l'on est en droit d'attendre de quelqu'un qui se prétend éleveur !
On ne parvient jamais à convaincre l'ensemble des éleveurs de la nécessité d'une telle démarche. Il faut bien souvent se contenter de l'adhésion d'une majorité d'entre eux faute de quoi le programme de dépistage n'aura aucun effet notable sur la sélection. Celui-ci ne doit pas être imposé d'emblée sans une phase préalable d'information et de sensibilisation par voie de bulletin ou par internet. De nombreux articles doivent être publiés afin de démystifier la pathologie rencontrée et de lever les nombreux tabous qui l'entourent. L'intervention de spécialistes dans le cadre des Nationales d'Elevage est également d'une grande utilité. Le message ne doit pas émaner d'une seule personne sous peine de passer pour une lubie sans fondements réels. Pour la même raison, il est indispensable de réaliser des enquêtes afin de connaître le niveau d'infestation du cheptel national (et international), de les publier et de se fixer des objectifs raisonnables sans oublier que l'éradication totale est, dans la majorité des cas, impossible. La pathologie et en particulier les tares génétiques font partie intégrante de l'élevage. Ceci est normal. Ce qui l'est moins, c'est l'extension d'une tare au sein du cheptel au point d'en devenir un élément indissociable aux yeux des futurs acquéreurs.
Une fois le dépistage bien codifié et instauré, il faut, à mon avis, l'intégrer rapidement dans le tableau de sélection pour éviter qu'il ne retombe vite aux oubliettes. La communication à son sujet ne doit jamais s'interrompre et il me semble indispensable de tenir informé l'ensemble des éleveurs des progrès réalisés. La publication des noms des chiens testés et indemnes constitue une incitation susceptible de convaincre les plus sceptiques. Je ne suis pas favorable à la publication des chiens atteints ou malades qui est souvent mal vécue par les éleveurs qui peuvent se sentir humiliés. Je préfère valoriser les chiens indemnes ce qui au final revient au même tout en évitant le double traumatisme de devoir réformer un chien sur lequel on avait fondé tant d'espoirs et en plus de se voir mettre à l'index !
Aucun test de dépistage n'est fiable à cent pour cent et les faux positifs constituent l'argument clé des détracteurs qui vous sera jeté à la face en public lors des assemblées générales. Il est bien sûr primordial que l'examen soit réalisé dans des conditions optimales par des personnes très compétentes. Néanmoins, les faux positifs et faux négatifs, même s'ils sont rares, sont inévitables et jettent malheureusement le discrédit sur l'ensemble du programme. Il faut certes les accepter et les assumer comme le prix à payer pour l'amélioration globale de toute la population mais une procédure d'appel doit être envisagée afin de limiter les conséquences de ces erreurs. »

 

Le RALIE et des partenaires de qualité pour une même lutte


Le docteur vétérinaire Frédéric Maison a proposé son programme à la Commission Scientifique de la SCC qui l'a entériné rapidement. De plus, il s'est assuré la collaboration d'Antagéne. En effet, ce président passionné connaissait l'intérêt de ce laboratoire pour les maladies génétiques dans l'espèce canine. La motivation et l'instauration d'un dépistage national ont convaincu ses interlocuteurs du sérieux de son projet. Ainsi, ce partenariat a donné naissance à un programme de recherche ambitieux et a satisfait les amateurs de lévriers d'Irlande et d'Ecosse. Cette aide précieuse leur permet d'œuvrer pour leurs races.
Les clubs d'Irish Wolfhounds étrangers ont des politiques de sélection analogues. Le club allemand a été précurseur dans ce domaine et son expérience a assurément permis de gagner beaucoup de temps au RALIE.
Après un démarrage timide en 2007, une grande majorité des éleveurs français a maintenant pris conscience de son utilité et l'a adopté au sein du club. Le dépistage est réalisé tous les 18 mois. Les images échographiques sont interprétées par le Docteur Rousselot. Un membre du comité est en charge du suivi de ces chiens et s'occupe de la mise à jour de la liste diffusée sur leur site et sur le magazine du club. Prochainement la mention « indemne de CMD » figurera sur le pedigree.
Il est encore trop tôt pour de nouveaux projets sur la cardiomyopathie. Il faut laisser un peu de temps pour que ce dépistage devienne une habitude et qu'il porte ses fruits selon Frédéric Maison.

 

Un projet européen « LUPA » ambitieux chez le Dobermann

 

Actuellement la France participe à un projet européen, dénommé « LUPA », sur la recherche génétique de la MCD. LUPA est un projet de recherche médicale qui vise à identifier les gènes responsables des maladies héréditaires canines et à améliorer les connaissances sur les maladies humaines homologues. Il rassemble 20 écoles vétérinaires européennes de 12 pays différents. L'étude réalisée chez le Dobermann à l'Ecole Nationale Vétérinaire d'Alfort fait partie du projet LUPA et a pour but l'analyse des chiens sains pour l'étude de différents paramètres cardiovasculaires. Ces données vont ensuite être utilisées pour tenter de trouver les gènes responsables de la régulation de la pression artérielle et du métabolisme lipidique chez le chien. L'Unité de Cardiologie d'Alfort a choisi le Dobermann parmi les races qui devraient y participer afin d'offrir aux propriétaires et éleveurs d'une race à risque des bilans. Dans le même projet européen l'Allemagne travaille sur la détection des gènes de MCD chez le Dobermann. Le choix des mâles est uniquement pour des raisons pratiques. Les chercheurs avaient le choix entre mâles et femelles, les mâles ont été choisis parce que les hormones qui peuvent avoir un effet sur le métabolisme et la pression artérielle sont plus stables que chez les femelles, puisqu'ils n'ont pas de cycles de reproduction.
Il faut donc convaincre les propriétaires de Dobermann de participer à cette étude ; c'est une chance unique de pouvoir faire des examens de dépistage gratuitement chez leurs chiens avec les règles de confidentialité garanties.

Ainsi, l'attitude courageuse de certains clubs faisant lumières sur les « affections » de leur race et mettant en place une politique pour les réduire sera certainement salvatrice. Elle évitera peut-être à des familles malchanceuses de pleurer la perte de leur compagnon de vie atteint.


N.Schness

Sincères remerciements :
Docteur vétérinaire France André (Thèse sur la cardiomyopathie dilatée du dobermann sous la direction de M. Pouchelon, Professeur de cardiologie de l'Ecole Nationale Vétérinaire d'Alfort)
Docteur vétérinaire Michel Aubert (78)
Docteur vétérinaire H. Boëdec (35)
Docteur Jacques Charrier, Juge international et Président du Dobermann Club de France de 1998 à janvier 2008.
Professeur vétérinaire Valérie Chetboul (UP Médecine, Unité Cardiologie d'Alfort Ecole Nationale Vétérinaire d'Alfort)
Docteur vétérinaire Jean-Philippe Corlouer (94)
Docteur vétérinaire V. Gouni (Praticien Hospitalier au CHUVA, Unité de Cardiologie d'Alfort, Ecole Nationale Vétérinaire d'Alfort)
Docteur vétérinaire Marie Lasbleiz (14)
Docteur vétérinaire Frédéric Maison (Président du RALIE et Membre de la Commission Scientifique de la SCC)
Madame Virginie Picquerel (Chargée de la Communication au Dobermann Club de France et Responsable de la Formation continue à L'Ecole Nationale Vétérinaire d'Alfort)
Professeur vétérinaire Jean-Louis Pouchelon (UP de Médecine, Unité de Cardiologie d'Alfort, Ecole Nationale Vétérinaire d'Alfort).
Docteur Gerhard Wess (Pravalenz des Kardiomyopathie des Dobermanns in veschiedenen altersgruppen, München).

 

 
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