
Le magazine Animalinfos a été reçu par La Brigade Cynophile de la Police de l'Air et des Frontières (PAF) à l'aéroport d'Orly. Nous avons visité les installations et suivi les entrainements de ces fonctionnaires et de leurs chiens dans un des lieux publics les plus surveillés.


L'aéroport d'Orly compte trois unités cynophiles :
La Police de l'Air et des Frontières avec cinq chiens spécialisés dans la détection des explosifs
La Gendarmerie des Transports Aériens avec quatre à cinq chiens spécialisés dans la détection des explosifs
La Douane avec six à sept chiens spécialisés dans la détection des stupéfiants et un chien spécialisé dans les explosifs.
Les chiens de la PAF sont 2 bergers allemands, 1 labrador, 1 berger belge tervuren, 1 berger belge malinois, qui forment avec leurs conducteurs des binômes en totale osmose.
Ces chiens sont recrutés à l'âge de 1 an / 1 an et demi au niveau national par le Centre National de Formation des Unités Canines qui les repère selon notamment leurs aptitudes au jeu. En effet le jeu est au centre non seulement de l'entrainement mais aussi des exercices et du travail sur le terrain.
La formation avec son futur maître dure trois mois au cours desquels trois phases se succèdent :
La familiarisation avec l'obéissance et les relations inter-chiens et inter-personnel.
La mémorisation : reconnaissance des odeurs des produits explosifs (sept produits de base et leurs dérivés), la détection, la remontée à la source, le « fixer », l'interdiction des aboiements, des morsures et du grattage (en raison des risques de mise à feu).
Enfin la mise en situation du binôme qui consiste essentiellement en la lecture des attitudes, des réactions, des comportements.
Le travail d'un binôme est équilibré : le chien et le conducteur en assurent chacun la moitié. Le chien assure la détection grâce à son flair, le conducteur lui, donne le signal de la recherche et oriente.
Les chiens restent en service opérationnel pendant six ans (voire neuf ans dans certains cas) et prennent ensuite leur retraite chez leur conducteur.
Selon le Brigadier Chef Bourge, le chef de la Brigade qui nous a reçu, le meilleur chien pour le type d'exercice exigé par le travail en brigade cynophile est le berger belge malinois : rustique, sans problème de conformation, malléable, très proche de son maître et doté d'une excellente mémoire. Il n'y a pas à priori de différences entre mâles et femelles dans l'exercice de leur travail.
En complément du binôme, un assistant technique intervient pour la gestion des échantillons de produits explosifs, l'entraînement des chiens et l'assistance du binôme en service opérationnel.
Ainsi, lors d'un entrainement, l'assistant observe les réactions du chien afin de compléter la vision du conducteur et préciser l'analyse du travail.
Les attributions.
La PAF intervient dans les zones publiques de l'aéroport, notamment dans les zones d'enregistrement passagers, filtrages rayons X, salles d'embarquement... plus particulièrement sur certaines destinations.
Elle intervient aussi en cas d'alerte à la bombe sur un avion ou à la demande des démineurs sur des véhicules ou des bâtiments.
La brigade cynophile assure la sécurité des espaces utilisés lors des voyages officiels (Président de la République, Premier Ministre, Affaires Etrangères) et les pavillons d'honneurs.
Enfin des patrouilles aléatoires sont souvent effectuées dans l'aérogare.
Grâce au caractère dissuasif de ces patrouilles cynophiles, associées bien entendu aux autres moyens de surveillance, beaucoup de lieux publics à très forte fréquentation ou très sensibles, sont particulièrement surs. Bravo à ces remarquables chiens et à leurs maîtres !
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Un maître-mot : jouer !
Toutes les activités des chiens de la Brigade sont placées sous le signe du jeu.
Que ce soit à l'entrainement ou lors des exercices réels de patrouille et de recherche dans l'aéroport, le binôme maître/chien reproduit en permanence une relation de jeu avec les paroles de motivation, les mots d'approbation et jusqu'aux récompenses : friandises et jouet favoris.
Ce jouet, récompense en soi, devient aussi, par des jeux de lancer/rapporter, une façon de défouler, de dé-stresser le chien après un exercice qui demande toujours une concentration importante.
Grâce à ces méthodes de travail et la proximité et la complicité qu'entretient le maître avec eux, ces chiens, très «professionnels», sont d'un remarquable équilibre, malgré l'intensité de leurs tâches.

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